
Mascarade :
Def (n.f) : Divertissement dont les participants sont déguisés et masqués, mise en scène trompeuse
On a tous un monstre caché dans le placard. Qui est-il ? Comment l’appréhende-t-on ?
Lorsque la garde est baissée, il est là, insidieux, toujours prêt à se jouer de nous. Mais la peur du face à face nous pousse à endosser un costume pour dissimuler notre nature profonde. Certains jouent à se faire peur, d’autres à contenir l’animal féroce…
Les enfants d’Aurélie Cenno aspirent à jouer dans la cour des grands tout en décidant de l’épilogue. Ils visent à s’échapper des tentacules étouffants de l’enfance pour mieux envisager le monde adulte. Ils se veulent enfants rois tyranniques et pour ce faire, entrent avec stratège dans le jeu du mimétisme. Leurs terrains de jeux deviennent alors leur territoire : leurs frayeurs et leurs frustrations sont sublimées, transformées, assumées.
Le monstre mute, il est polymorphe.
Le terrain de jeux s’étend, change d’échelle. Les stratégies sont les mêmes, seuls les enjeux changent.
Les adultes de Maboo, eux, chuchotent leur désir de retourner dans les jupes protectrices de leur mère. Ils sont constamment sur le fil, faisant des allers-retours nostalgiques vers le souvenir d’une enfance idéalisée, qu’ils croient malgré tout intacte. Ils cherchent à travestir la violence que leur impose le monde et par là même leurs propres violences. Ils se parent, usent d’autodérision. L’illusion reste intacte.
Le bal est ouvert. Deux mondes dialoguent et se percutent pour finir par se rejoindre. Enfants et adultes ne veulent plus êtres les sujets mais bien les acteurs d’une vie réinventée. Ils trouvent de nouveaux codes et luttent indéfiniment contre leur part d’ombre.
Ils ont un désir irrépressible de ne pas être là où ils sont sensés être, là où on les attend. N’aspirent-ils pas à la même chose ? Oublier un temps leur condition humaine.
Les couleurs acidulées sont racoleuses, les formes arrondies et les détails des personnages nous renvoient à un imaginaire collectif, aux restes des Bd d’enfance ou à autant de bonshommes dessinés sur des bouts de papier.
Les images figées, les mises en scène et les jouets présentés prêtent à sourire en premier lieu…
Mais la seconde lecture, elle, est cruelle et nous fait face, sans pitié.




